Alexane Bébin
A 21 ans je suis étudiante en lettres modernes à Rennes 2, où mes recherches portent essentiellement sur le travail éditorial et l'adaptation des œuvres littéraires. Je suis également stagiaire dans une librairie et maison d'édition rennaise. Enfin je suis conseillère municipale dans ma commune (Pont-Péan) participant notamment aux commissions "culture" et "communication.
A Rennes, les étudiants représentent une population importante, population qui s'intéresse aux évolutions de la ville et qui fréquente beaucoup les espaces culturels, notamment la Bibliothèque de Rennes Métropole. Mon rôle consiste à porter la voix des étudiants à l'intérieur de ce conseil. Nous sommes un public à part entière de cette institution, un public qui utilise le lieu comme bibliothèque générale, comme un lieu de sources scientifiques mais aussi comme salle d'étude. Une population qui n'a pas les même attentes que la plupart des usagers. Je suis étudiante en Lettres Modernes, et je suis aussi conseillère municipale dans ma commune, je pense donc avoir une perception accrue des enjeux de la diffusion culturelle à travers le livre, des enjeux de la communication autours d'événements culturels, des problèmes et challenges que posent les publics spécifiques. Néanmoins il ne faut pas que cette perception fasse de moi une interlocutrice particulière, je dois avant tout être une représentante de tous les étudiants de Rennes, des étudiants de lettres à ceux de médecine en passant par les étudiants de droit... Représentante aussi bien de ceux qui habitent à Rennes même que de ceux qui habitent la métropole.
La première réunion vous a-t-elle apporté satisfaction ? en quoi ?
C'est un challenge mais la première réunion m'a montré que la Bibliothèque des Champs Libres est très à l'écoute de ces différents publics. J'ai été assez impressionnée par toutes les réflexions menées par les bibliothécaires pour rendre ce lieu accessible à chacun et accessible à tous. La Bibliothèque de Rennes Métropole est un lieu vivant en perpétuelle évolution. Dans cette démarche elle a souhaité intégrer un conseil scientifique et culturel, un conseil qui dès la première réunion a pu réellement s'exprimer, s'impliquer dans les projets en cours. Bien sûr, cette journée à surtout été une journée de présentation mais j'en ai été pleinement satisfaite. Elle m'a permis de mieux comprendre tout le travail des bibliothécaires et notre rôle de conseiller.
A-t-elle modifié l'image que vous aviez de la bibliothèque ? Pensez-vous pouvoir apporter une plue-value par vos qualifications / votre représentativité ?
Cette journée a aussi été une première occasion d'exprimer mon opinion personnelle, mon opinion d'étudiante et de voir que j'avais ma place parmi tout ces représentants du monde des livres et des bibliothèques, que les étudiants avaient leur mot à dire. Je trouve ce fonctionnement exemplaire. C'est justement parce que l'équipe de conservatrices et de bibliothécaires en place est dynamique, à l'écoute, toujours soucieuse d'être présente pour le particulier et le plus grand nombre, soucieuse d'apporter au public de la BRM ce qu'il y a de meilleur, ce qu'il y a de plus récent que je pense qu'elle saura s'adapter aux changements du XXIe siècle. Il n'y a pas que le texte qui compte dans un livre, ce qui compte c'est aussi d'avoir des personnes à l'écoute qui sauront vous diriger vers ce texte, ce qui compte c'est aussi de pouvoir l'emprunter plutôt que de l'acheter, ce qui compte c'est de le garder en mémoire, là où on pourra le retrouver s'il devient rare, ce qui compte pour l'historien, le chercheur, ce n'est pas seulement le texte c'est aussi la qualité de l'écriture, des enluminures, du papier. L'informatique et les textes numériques, sont des outils précieux mais le livre reste un support de prédilection de la lecture.
Question plus difficile : les bibliothèques vous semblent-elles adaptées aux évolutions assez spectaculaires que connait la société en ce début de XXIè s ?Comment percevez-vous votre rôle au sein de cette instance nouvelle créée par la bibliothèque ?
D'autre part, on le voit à la Bibliothèque des Champs Libres, les livres, s'ils ont une place prépondérante, ne sont pas les seuls supports, l'informatique, et les cours par informatique, la presse, les nouveaux supports culturels sont également mis à disposition des usagers. Le livre n'est pas obsolète et les bibliothèques le sont encore moins. Je ne dis pas que la Bibliothèque des Champs libres est une bibliothèque parfaite, mais c'est cette conscience de son imperfection et sa volonté de sans cesse se renouveler qui fait sa richesse. Je suis fière de faire partie de ce conseil qu ouvre ses portes aux étudiants, fière d'habiter une métropole qui a une bibliothèque innovante.

Georges Guitton
Georges Guitton a mené une carrière de journaliste, notamment à Ouest-France. Il a récemment pris sa retraite. Il a été désigné Président du Conseil scientifique et culturel lors de la première réunion.
Comment voyez-vous votre rôle au sein de ce Conseil ?
Présider ce nouveau comité, c'est d'abord l'animer en lien étroit avec Marine Bedel, la directrice de l'établissement. C'est contribuer à ce que toutes les sensibilités qui s'y trouvent réunies s'expriment. Au bout du compte, il s'agit de favoriser dans le dialogue l'émergence d'idées et de propositions. Avec l'espoir qu'elles soient concrètes et novatrices. Utiles à la bonne marche et au développement de la bibliothèque.
Quelles sont vos impressions à l'issue de la première réunion ?
D'abord ravi par la diversité du « panel », j'ai aussi apprécié les informations qui nous été données sur l'organisation de la médiathèque. J'ai été frappé par l'atmosphère bienveillante. Une bibliothèque est un lieu de bonne compagnie. Lors de cette première réunion, il y avait de la part de tous un vrai bonheur de se retrouver là, une écoute attentive et un désir sincère d'avancer ensemble. Tout cela me parait de très bon augure.
A-t-elle modifié l'image que vous aviez de la bibliothèque ?
Certainement. Il y a d'abord ce sentiment de passer de l'autre côté de la rampe. Au fond, une bibliothèque reste un lieu magique, un peu théâtral, dont l'usager ne connaît que l'avant-scène. Au-delà de cet aspect, j'ai découvert avec vraiment beaucoup d'intérêt la démarche en faveur de l'accessibilité. Je n'imaginais pas la richesse de la réflexion, l'importance de l'investissement matériel et humain déployés pour accueillir les publics dits « spécifiques ». Je me réjouis de ces expériences. Elles symbolisent au plus haut point la vocation d'ouverture de la bibliothèque de Rennes métropole. Elles valent pour tous les publics.
Que pensez-vous pouvoir apporter personnellement ?
Personnellement, je suis amoureux des livres et n'imagine pas la vie sans eux. Quand on aime, on veut faire partager. Je sais qu'aujourd'hui le livre est devenu un support minoritaire pour l'accès au savoir, à l'imaginaire. Que puis-je y faire ? Sinon, trouver des moyens de faire désirer cet objet, avec l'enthousiasme de ceux qui y croient. Pour moi, susciter ce désir passe évidemment par le CD, le DVD, l'exposition, la presse. Il faut cultiver leur rapport de proximité et de connivence avec le livre.
Qu'attendez-vous des prochaines réunions ?
D'abord qu'elles permettent d'approfondir notre connaissance mutuelle car nous sommes un groupe tout neuf. Que l'on réfléchisse ensemble à la manière de rendre efficace ce Conseil en tant que force de proposition. Que l'on apporte des réponses aux questions posées : place de la bibliothèque dans l'entité Champs Libres, lien avec les 36 bibliothèques de Rennes Métropole, programme d'animation culturelle, etc.
Une question difficile pour terminer : les bibliothèques vous semblent-elles adaptées aux évolutions assez spectaculaires que connaît la société en ce début du XXIème siècle ?
Les bibliothèques ont connu ces dernières années une évolution remarquable et spectaculaire afin de s'adapter aux nouveaux médias. Est-ce suffisant à l'heure du tout Internet chez soi? Tâche sans fin, je crois que nous sommes condamnés à inventer toujours de nouvelles formules pour attiser le commerce amical avec le savoir. La bibliothèque est le lieu collectif de cet échange. Et forcément le lieu de cette invention. De la recherche d'un accès sans cesse facilité, simplifié, libéré, au monde de la connaissance.

Tout au long du 19e siècle, les acquisitions vont se poursuivre selon un rythme soutenu. En 1903, l'idée de déménager la Bibliothèque, à l'étroit dans l'hôtel de ville, est évoquée par le conseil municipal. En 1910, la Bibliothèque municipale s'installe avec la bibliothèque universitaire place Hoche, après la confiscation des locaux du grand séminaire, en 1905.
Si la salle de lecture demeure commune aux deux institutions, ces dernières conservent cependant leurs propres magasins, fonds et catalogues. Le même conservateur assurera la direction de la Bibliothèque municipale jusqu'en 1960, date à laquelle celle-ci rejoindra un bâtiment mitoyen, rue de La Borderie.
Après un siècle passé au cœur d'un quartier de tradition estudiantine, la Bibliothèque a intégré l'équipement culturel des Champs Libres, en 2005, afin de lui permettre de mettre en œuvre son programme scientifique et culturel.
Entre temps, la bibliothèque centrale est devenue la bibliothèque de l'agglomération de Rennes Métropole, le 1er janvier 2002. Entre l'ancien bâtiment, ordonné en quadrilatère autour d'une cour-jardin, et le nouveau, œuvre audacieuse de l'architecte Christian de Portzamparc, on peut relever le même souci, à des époques différentes, d'une organisation fonctionnelle des collections et d'une rationalisation des espaces.
Aujourd'hui, la nouvelle Bibliothèque déploie ses collections, organisées selon une philosophie thématique intégrant le multimédia, en prenant appui sur la structure architecturale du bâtiment.
La Bibliothèque inaugure ainsi une nouvelle étape de son histoire.
